La marche est l’activité physique la plus pratiquée en France : elle rapproche de la nature et nécessite pas de grands moyens ou infrastructures contrairement à la plupart des sports ou loisirs
Certains territoires sont déjà reconnus pour la randonnée et disposent d’infrastructures dédiées. Cet article s’intéresse à un autre cas de figure : celui des communes et villages qui n’ont pas encore développé cette pratique.
Malgré de réels atouts, beaucoup de Communes et villages ne disposent pas de sentier de randonnée. Il existe pourtant des pépites que même les gens du coin ne connaissent pas, ou pas suffisamment. Cette absence freine la valorisation du territoire. Elle empêche de le faire connaître, au détriment de la vie de la commune, ou du village.
Les intérêts de la Randonnée pour un territoire :
- Elle peut renforcer le sentiment d’appartenance : la fierté d’appartenir à la commune et au territoire, en donnant aux habitants un parcours qu’ils peuvent montrer et emprunter.
- Elle peut soutenir l’économie locale, en orientant vers les guides, les sites d’intérêt, les commerces et les restaurants un flux d’habitants mais aussi de visiteurs.
- Elle peut favoriser une activité favorable à la santé et au bien-être,
- Elle participe également à entretenir le territoire et les espaces naturels et patrimoniaux
Quels sont les leviers d’action de la Collectivité ?
1. Recenser ce que la commune a à montrer/valoriser
Chaque commune a de belles choses à faire voir. Encore faut-il les identifier. Le recensement n’a pas besoin d’être exhaustif. Il s’agit de rassembler élus, habitants, personnes qui connaissent le village et, le cas échéant, randonneurs du coin, pour noter les vues, le petit patrimoine, les chemins encore praticables, et écarter ce qu’il n’est pas pertinent d’ouvrir (propriétés privées sans accord, routes dangereuses).
2. Identifier une ou plusieurs boucles, et les faire tester
À partir de cet inventaire, une commune peut tracer une boucle, parfois plusieurs, sur son propre territoire. Le format le plus opératoire reste souvent un circuit de quelques kilomètres, lisible, et sécurisé (c’est à dire le plus souvent possible hors de axes de circulation dense.
Le test compte autant que le tracé. Le faire parcourir par des randonneurs et par des personnes qui connaissent le village permet de voir ce qui mérite d’être gardé.
Dans le Maine-et-Loire, à Saint-Hilaire-du-Bois et Saint-Paul-du-Bois, le Codever (Collectif de défense des loisirs verts) a réuni une quarantaine de bénévoles pour rouvrir un chemin rural oublié depuis des décennies, dans le cadre des Journées des Chemins.
3. Baliser le sentier et organiser son entretien
Le balisage d’une promenade locale reste peu coûteux. L’enjeu durable est l’entretien : associations bénévoles, services municipaux, parfois les deux.
La marche est l’activité physique la plus pratiquée en France. Elle ne demande ni licence ni équipement lourd. Dans des communes marquées par le vieillissement et, souvent, par l’éloignement des soins, une boucle courte contribue au maintien de la mobilité et limite la sédentarité. Elle a aussi un effet de lien : se croiser sur un chemin réduit, à la marge, l’isolement des hameaux. Ces bénéfices ne tiennent que si le sentier reste praticable. Sans passage ni entretien, la végétation reprend, la balise disparaît, et l’usage s’éteint.
Dans le Rhône, près de Lyon, des bénévoles du comité de randonnée reprennent le balisage : sans eux, les marques disparaissent sous la végétation.
4. Faire connaître l’existence du sentier
Un itinéraire non communiqué n’existe que pour ceux qui l’ont tracé : hors du cercle de ceux qui ont ouvert le chemin, personne ne sait qu’il est là. Il est donc essentiel d’adapter une stratégie de communication et de promotion des chemins de randonnées à l’ensemble des publics attendus (habitants, visiteurs, touristes, scolaires…)
Dans les commerces : Une fiche A4 près de la caisse de la boulangerie, du café ou du relais postal fait plus, ici, qu’une campagne nationale. Distance, durée, point de départ (le parking de la mairie, l’église, la salle des fêtes).
Site internet et réseaux sociaux . Beaucoup de petites communes n’ont pas de site à jour. En revanche, elles ont souvent une page Facebook municipale, un groupe d’habitants, parfois l’application Intramuros. Des publications régulières sur l’existence du sentier représentent le meilleur moyen de le faire connaitre.
Le panneau au départ d’un site remarquable ou identifiable. C’est souvent le seul support que le marcheur verra sans chercher. Un totem ou même un panneau bois près de l’église suffit, dès lors qu’il indique clairement la boucle.
L’intercommunalité, l’office de tourisme et les associations, quand ils existent. La commune n’a pas à produire un guide : Elle peut simplement transmettre la fiche à l’OT de la communauté de communes : c’est cet échelon qui apparaît dans les recherches.
Les applications que les randonneurs ouvrent avant de partir. Visorando, MaRando, Cartes IGN, parfois Komoot : c’est là que se décide une sortie du dimanche, pas sur le site de la mairie. Une fiche + un GPX, envoyés au comité départemental de la FFRandonnée ou déposés sur une de ces plateformes, font plus pour la visibilité qu’une plaquette imprimée à 200 exemplaires et oubliée dans un tiroir.
Créer un évènement autour de la randonnée : Dans le Périgord noir, l’évènement La Ronde des Villages (Office de tourisme du Pays de Fénelon) montre, à une autre échelle, ce que produit une mise en visibilité collective : 21 villages, environ 140 km, plusieurs milliers de participants attendus.
5. Travailler avec les instances et les outils qui font les cartes
Pour qu’un sentier apparaisse dans les cartes et applications que consultent les randonneurs, la commune ne s’adresse pas seule à l’IGN. Elle passe par les relais prévus à cet effet : Département (inscription au PDIPR), comité départemental de la FFRandonnée, office de tourisme ou intercommunalité, puis les plateformes utilisées par les marcheurs.
L’inscription au PDIPR, prévue par le code de l’environnement, a un effet juridique concret sur les chemins ruraux : on ne peut plus les aliéner sans proposer un itinéraire de substitution. Elle ouvre, dans plusieurs départements, l’accès à des aides d’aménagement et de balisage.
L’accompagnement de la FFRandonnée auprès des territoires et Collectivités : un service pour aiguiller les Commune dans le développement et la promotion de la Randonnée.
Des chemins ruraux bénéfiques pour la randonnée
Il n’est pas nécessaire, le plus souvent, de passer par des parcelles privées — même si une convention s’impose parfois pour assurer la continuité d’une boucle. Une grande partie du réseau est déjà là : chemins ruraux, sentes communales, traces encore inscrites au cadastre et peu à peu refermées. Promouvoir la randonnée, c’est alors l’occasion de leur redonner un usage, un souffle, et de se réapproprier ce patrimoine communal